17 posts tagged “paris”
Paris, c'est le lieu où l'on exerce deux emplois pour tenir la tête hors de l'eau, c'est le labyrinthe de Pan où les frontières entre réel et fiction, angoisses et désirs se confondent jusqu'en devenir indissociables.
Se lever, petite fourmi lambda, s'ateler au labeur quotidien, pourquoi? Pour qui?
S"entortiller d'espoirs brillants, faire trois fois le tour de soi-même, ça va trop vite, ça donne le tournis.
Etre envahie de clichés mats, fugaces imperceptibles, restituer l'ordinaire, agencer le visible.
Une touche de vermillon sur tes lèvres, femme flaque de mes rêves, ta féminité te coule aux pieds, tes seins sont trop lourds, ton visage trop mou, et tes yeux liquides se dissolvent station après station.
Gêne de se voir dans le regard de l'autre, miroir déformant, confrontation du réel, où est la limite objective?
Téléscopage urbain, un contact qui n'en est pas un, agression de ma condition d'être humain.
Génie tétraplégique des technologies nouvelles, je t'aime en 2.0, embrasse moi en GPRS que je facebouque nos belles années mon amour, à l'aube de notre idylle videoconférencée, je te jure le meilleur comme le pire, pourvu qu 'on est ait la 3G...
Des distances raccourcies qui s'allongent à l'envie, l'individualité bien protégée en écharpe patriote.
Je ne peux plus respirer, je suis lasse de respirer ta vie en accéléré voisin, inconnu, ami ou simple quidam, je t'aime, puis je te hais, je ne te connais plus, et je t'oublie, je t'invente pour mieux te gommer, à l'ombre de mon lien social perdu...
Une main lasse balaie la mèche rebelle devant mon regard. Le fumet du café progresse lentement dans l'espace-temps vers mes narines, comme un ghostbuster qui voudrait s'emparer de mon être. Par un malicieux jeu de miroir, le Sacré-Coeur me fait de l'oeil, au loin, auréolé de brume. Et le petit réveil noir qui égréne sa douce mélancolie sur le rebord de la fenêtre, tic, tac, tic, tac. A peine une sombre rumeur motorisée me parvient, témoin d'une vie urbaine, là, en bas. J'ai toujours chéri ces petits matins frais, quand la providence suspend mon sommeil pour me laisser goûter à cet instant de perfection ordinaire.
Ce matin bleu pâle, qui voit les toits des voitures ensucrés, anhile les jours passés, et promet les jours à venir.
Une promesse faite: plus de rétrospection, ni de projection. J'aime la saveur éphémère de ce petit instant paisible.
Il faut avoir traversé les plus sombres tempêtes pour apprendre à voir le merveilleux.
Un rai de lumière se découpe sur les murs en quinconce, le temps est immobile.
Déjà ce moment ne m'appartient plus, les avertisseurs sonores s'emparent de la candeur de cette ville qui s'éveille...
Bon, évidemment, je dois voir la lumière du jour environ deux heures (une heure le matin, et une heure le soir), m'enfin, ce n'est pas une raison, il y a bien des gens qui s'accomodent tout-à-fait de vivre la nuit, comme les eskimaux. Par exemple.
Il y a également des gens qui vivent très bien le froid, comme les canadiens. Par exemple.
Ok, ok, je ne suis ni eskimaude, ni canadienne...
C'est une question d'état d'esprit, ce n'est pas grave si je suis tout le temps enrhumée. Ce n'est pas grave si au bout d'une demi-heure dehors je n'ai plus la moindre sensation dans les mains^^ Ce n'est pas grave si l'hiver parisien dure juste huit mois...
L'autre fois, je me suis fait horreur. Je glisse dans une tache d'huile sur le bitume. Ayant évité de très peu l'applatissage en bonne et dûe forme, je me mets à jurer "mais p***** de m**** c'est quoi cette s******** de flaque??? fait c****!!!!!!! b*****!!!". Je m'engouffre dans le métro, avec mon humeur massacrante, le visage fermé, l'envie de casser la gueule à la première personne qui me regarderait de travers, et soudain....
"Non mais c'est pas vrai!! C'est pas moi ça!! Au secours!!!"
(Note pour moi-même: éviter de regarder du Lynch à 2 heures du matin, c'est hautement nuisible pour la joie de vivre^^)
De toute façon, c'est physico-chimique: le soleil fait synthétiser à la peau de la vitamine D, si on vous le dit!
Pour actions:
-faire une cure de vitamines;
-acquérir un poster géant du jardin de mes parents (un vrai cliché du Sud: oliviers, palmiers, piscine..);
-réserver un billet de train pour le 1° mai^^;
-devenir un maître zen spécialisé en abstraction (pff, trop facile..)
Ahlalala! I love Paris....
Il existe une faille de l'espace temps que j'ai trouvé en errant dans les rues de Paris. Les grèves des transports ayant sonné le top départ, comme partie intégrante du paysage de culture impérative parisienne..., j'ai profité de ce haut rendez-vous social pour me promener à une heure presque indue dans les rues de ma ville.
J'ai pensé à mon avenir dans la rue du commerce, passant en revue brièvement le chemin alors parcouru, au propre comme au figuré, j'ai regardé les badauds déguster des tartares de saumon et autres mets branchés sans les voir vraiment, j'ai marché, marché, marché vers mon avenir en fredonnant the Bitter sweet Symphony...
J'ai laissé rouler une larme sur la place de la Concorde, regardant déséspérément cette grande roue illuminée, qui me rappellait, l' insolente, que je n'étais la belette de personne... Et Yann Tiersen égrenait une mélodie douce à mon coeur...
J'ai fait le bilan de l'année qui s'achève en traversant la seine, à hauteur de l'Assemblée nationale, pensant, amusée, que quelques mois plus tôt, je regardais les questions aux gouvernements, paresseusement allanguie sur mon canapé, quelque part dans le Sud de la France, hésitant entre le Canada et la Corse comme prochaine étape de voyage. La Marseillaise s'imposait de façon péremptoire à mon esprit, au vue de ce bâtiment symbolique.
Ma marche nocturne s'achevait dans la rue Royale et son cortège de boutiques de Luxe. Dior, Chanel, Gucci. Un défilé d'opulence vénale, écoeurant, factice. Là, la poésie m'oublia pour me laisser vivre tranquillement la traversée de cette rue sur l'air de Pretty Woman, un petit sourire aux lèvres.
Aujoud'hui, un autre jour, une autre marche, un autre état de félicité. La rue Rambuteau recueillait mes secrètes impressions confiées au cellulaire collé à mon oreille. La foule colorée tapissant le parvis du Centre Pompidou me parut plus lumineuse, plus vivante qu'à l'accoutumée, et la rue Saint Martin ne fut pas assez longue pour que je conte le bonheur tout neuf qui m'habite, colocataire bienveillant...
J'ai une pensée toute particulière, sincèrement émue pour la rue du Chevaleret, il semblerait que c'est précisément dans cette rue de Paris que je vive les charnières de cette existence "prête à consommer". J'y ai vécu de si jolis moments, que je songe, sans rire, à y trouver abri...
Un jour d'automne comme un autre. Un ciel bleu glacé. Le ronronnement de la cafetière. Quelques feuilles jaunies envolées. Une ou deux gouttes d'encre séchée. Un ou deux rêves flétris. Un coup de griffe sur mes pieds. Des idées, en tablette, en poudre, en papillotte et aussi en sachet. De l'ennui. Du sommeil à jamais perdu. De la crise de conscience. De l'heureuse tristesse.
Finalement, tout ce qu'il manque à ma vie, c'est du verbe...
Dimanche matin, lendemain de soirée.
A peine 3 heures de sommeil au compteur, pourtant, je me sens bien. Je crois que j'aime ce temps un peu grisâtre, j'ai l'impresion de vivre de petites parenthèses. Je réfléchis à une foultitude de choses, et je vis ma petite vie à moi comme une évidence. Je rêvais de la rafraichir, et je rencontre énormément de gens, tous plus sympathiques les uns que les autres. Ô vous autres aux horizons divers, comme j'aime vous découvrir!
Je vis dans la maison du bonheur, je tenais à le signaler. Je regarde dans chaque recoin de cette bâtisse à l'histoire peu commune, et il n'y a rien à faire, je ne vois que du bonheur! C'est presque à s'en sentir coupable! Délit d'initié pour être trop heureuse, c'est fou ça! Comme je savoure que tout soit simple, j'ai compris une chose très importante, les choses, en général, sont simples, si on ne s'évertue pas à les compliquer.
Même dans mon travail tout coule de source. Je souhaitais expérimenter l'approche humanitaire, je réfléchissais il y a peu encore, à me porter volontaire auprès d'une ONG, ou encore réserviste pour l'Armée. Mais comme tout est devenu simple et évident, je n'ai pas besoin de me décarcasser, car au sein de mon unité, je vais pouvoir partir dès le début d'année prochaine à Dakar. Et peut-être ensuite à Kaboul.
Comme le bonheur ne vient jamais seul, je commence à me découvrir un style d'écriture où je me sens bien, où je me ressemble, des projets naissent, et c'est vraiment pas pour me déplaire! Je dois avoir l'air un peu sotte de m'émerveiller de tout ainsi, mais enfin, j'ai un passif avec le destin, et quand je vois chaque pièce de l'édifice prendre place de façon quasi-autonome, je suis admirative, je l'admet, de cette roue qui a fini par tourner finalement.
Je suis avachie sur un canapé, en train d'écouter Just Jack et Fiona Apple, j'ai un énorme hématome sur l'articulation de mon index droit pour avoir trop secouer un sachet de Mozzarella, des ampoules aux pieds pour avoir trop danser, mais tout ça, on s'en moque, qui a souffert dans son âme jusqu'à se souhaiter ombre de lui-même ignore la douleur physique. C'est une question de point de vue, d'état d'esprit. Ca change tout. Et aujourd'hui, j'ai décidé de me contenter d'être heureuse. C'est un bon programme de dimanche après-midi, et ça me suffit amplement, je n'ai besoin de rien d'autre...
Il y a pléthore de petits faits qui vous sont égaux et qui m'ont conduit à cet état de félicité cette semaine: une enfant de 3 ans et demi a posé sa petite main sur ma joue et m'a dit "t'es belle p'tite fée" en déposant un gros baiser sonore sur ma joue, j'ai trouvé un exemplaire de la première réédition de "J'irais cracher sur vos tombes" de Vian sur les quais (j'ai même pousser un petit cri de satisfaction pour tout vous dire), une amie qui m'est plus chère que je ne pourrais vous l'expliquer m'a dit "au fait, est-ce que je t'ai dit que je suis heureuse que tu sois ici?", j'ai continué de tisser l'étoffe d'une profonde amitié avec une autre, j'ai eu des discussions intéressantes avec bon ombres de mes contemporains, j'ai mangé un burger en forme de coeur en plein milieu de l'après-midi, je me suis promenée dans Paris la nuit et encore tout un tas de choses pas vraiment transcendantes, et quimporte!
Je suis hors-circuit pour la course aux grands destins, je laisse le Nobel d'astrophysique également, éventuellement, pour rendre service, je veux bien accepter le Pulitzer, mais vraiment ce qui me ferait le plus plaisir, c'est un badge (même pas une médaille) où serait inscrit "Membre des gens heureux", voilà :)
Bon dimanche à tous!
La première fois, on a le trac
La première fois, on a les mains un peu moites
La première fois, on a mal au ventre
La première fois, on espère être à la hauteur
La première fois, on observe beaucoup
La première fois, on est vidé quand c'est fait
La première fois, on est content quand elle est passée
Aujourd'hui, j'ai vécu ma première fois de mon nouveau poste!
C'était excitant, déconcertant, intéressant, prometteur, angoissant, fatiguant, mais je suis tellement heureuse!
Je suis trop à bout de forces après une journée interminable qui a duré 14 heures (oui, quand même!) pour expliquer dans le détail, mais là, sincèrement, je suis heureuse de me lever pour aller travailler demain matin, il me tarde même! J'ai un éventail incroyable de possibilités qui s'offre à moi, bref, c'est le bonheur!
Paris, magique!
Il y a encore quelques mois, il m'aurait été difficile d'envisager le bonheur, cet état de non-douleur, ce présent à l'imparfait tellement beau. Mais la grandeur de ce sentiment me pousse aujourd'hui à m'exprimer.
Bien que ce soit un peu surfait, il est bon de savoir que le choix est juste, le chemin accueillant et l'effort adouci. Se sentir ré - assurée , forte de ses incertitudes et pétrie de sérénité. Qu'il est doux d'être simplement bien, sans raison particulière, juste apprécier sa vie, la chérir comme le cadeau précieux qu'elle est.
Paris est mon inspiration, vitale et lyrique. Je suis tombée d'amour pour cette cité. J'aime son temps gris mélancolieux (un savant mélange de mélancolie et de mélodie), ses moments d'intimité qu'elle me concède au milieu de la foule, son atmosphère un peu magique, et tous les scénari qui s'y inscrivent.
Je me sens profondément émue au constat de l'absence d'interrogations. Ni euphorique, ni disproportionnément enthousiaste. Une force nait, avec elle l'ambition de faire front aux peurs, doutes et désillusions. Je récolte les fruits issus de laborieuses vendanges, et songe à un institut de veille sanitaire contre l'indifférence, haut méfait s'il en est.
C'est certes utopique, fantaisiste, enfantin, voir puéril, et j'espère un peu candide, mais je lance un embargo contre les douleurs, les miennes, les votres, les leurs....
Découverte du jour: la collection "paris est à nous" aux Editions Parigramme, quoi de plus merveilleux et utile pour une future parisienne? De petits livres très ciblés, avec des thèmes suffisamment variés pour contenter le plus grand nombre.
J'y ai trouvé mon bonheur, repartant avec 5 des ouvrages de la collection, je devrais donc être à même de trouver un café à thème, bruncher au son d'un orchestre New Orleans, lire et comprendre Kant en douceur, deviner sous la rouille la beauté d'un objet trouvé dans le dédale des allées des puces et enfin rencontrer un Jules dans la ville la plus romantique du monde ;) (Centres d'intérêt divers et très variés comme vous pourrez le constater!)
Aux mêmes éditions, j'ai également trouvé un livre qui me propose de découvrir Paris par arrondissement à travers des jeux de piste et des énigmes, sympa comme concept :)
Au passage, j'ai trouvé des marque-pages très jolis: l'un est une citation de Jules Renard "Un mot si joli qu'on le voudrait avec des joues pour l'embrasser", et un autre qui représente une calligraphie arabe d'Hassan Massoudy dont la traduction est: "Je crois en la religion de l'amour, où que se dirigent ses caravanes, car l'amour est ma religion et ma foi".