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La littérature regorge d'histoires d'amour passionnelles, tumultueuse, épiques. Les sentiments se transcendent dans les épreuves, la guerre, l'exil, la lutte des classes, le politiquement correct, comme si tous ces personnages s'aimaient car leur amour est nécessairement impossible.
Il devient héroïque d'aimer une personne en fauteuil roulant, un révolutionnaire sous un régime dictatorial, un novice ou encore une personnalité publique. Ces inconnus, transparents d'anonyats et de normalité, s'auréolent ainsi d'un voile sacrificiel amoureux: "oh comme je souffre, mais je t'aime tant, je traverserais toutes les épreuves pour te prouver à quel point je t'aime!".
Et au final, il n'y a que deux Narcisse et un miroir, la personne sacrifiée, sanctifiée de sacrifices, et la personne bourreau, nimbée du sacrifice d'un(e) autre, révéant ainsi son immense valeur personnelle. Il y a le narcissant et le narcissable, roles pouvant d'ailleurs effectuer des rotations d'acteurs.
Il existe nombre de ces couples artifices unis par les apparences, par la projection fabriquée de nobles sentiments qui ne sont que l'expression de deux fatuités.
Loin de ces sentiments superficiels habillés de poudre de perlin-pinpin, il y a l'amour-émotion véritable, celle qui bouleverse, vous submerge. Ce cadeau de la Providence prend source dans la simplicité, dans la vie quotidienne, et se dévoile derrière un fou rire complice, une main tendre qui carresse les cheveux, un baiser volé au creux du cou. Ce sentiment dépourvu de tout intêret devient une respiration paralèlle, dont le second souffle nait de conflits qui n'en sont pas car auto-avortés par une communication armée d'honneteté. Pas besoin de grand éclat, de longues tirades ou de guerre civile, le quotidien, et son lot de banalités sont transcendés par la volonté de ne pas céder à la facilité, mais au contraire de prendre soin de cette petite braise afin qu'elle ne s'éteigne pas.
De cette braise sortira non pas un feu de la Saint Jean, mais une belle flamme rougeoyante, douce et chaude auprès de laquelle s'assoir, un refuge.
Si je ne puis m'aimer moi, je ne peux raisonnablement pas attendre de lui le droit d'exister...
Partie en guerre contre les imperfections, d'un léger demi-tour je fais volte-face, criant haro aux sols trop lisses.
Cendrillon est morte pour me sauver, je ne lui ferais pas l'affront de museller son trépas au profit de mon imagination.
Souffrir pour aimer? Singulière pénitence aux accents d'ordalie pour mieux camoufler l'amour du souffrir...
Lève toi martyre, sotte, et cueille à son coeur tout l'amour qui t'est offert, ce serait vilennie, que dis-je, parjure! de mépriser plus longtemps la noble activité d'aimer...
Sors grandie, tirée vers le haut par le fil d'Ariane de ses pensées.
Lève la tête, et avance au rythme du jour durant, sous peine de ne jamais voir s'illuminer demain...
Range tes effets de cape et tes rimes ronflantes, met enfin à nu ton pauvre coeur enseveli d'arabesques tordues.
Aime.
..
Etre en bonne santé OK
Avoir un vrai métier OK
Avoir des amis OK
Avoir une famille OK
Manger à sa faim OK
Aimer et être aimée OK
Avoir une silhouette intermédiaire entre Belluci et Moss OK (Belluci pour les fesses, et Moss pour le décolleté, en fait^^)
Avoir l'eau courante OK
Avoir l'ADSL haut débit en illimité OK
Admirer le Sacré Coeur au loin, de mes fenêtres OK
Réussir à respirer au 6° étage OK
Avoir des projets et autres ambitions OK
Avoir une TRES forte capacité au travail OK (aussi appellé acharnement professionnel^^)
Non, mais sérieux, de quoi je me plains? C'est pas hyper grave si je suis poursuivie par Interpol... (merci mon cher conseiller banquaire^^)
Je suis tellement dépitée de me sentir déçue, alors que cette fête ne signifie rien pour moi.
Pourquoi devrait-on prouver à quelqu'un qu'on l'aime? Et pourquoi le 14 février et pas le 24 juillet?
Redécouvrant avec bonheur, et aussi quelques maladresses, les doux émois de l'amour, se rappellent également à mon souvenir toutes les obligations et malveillances psychologiques imposées par le "qu'en dira-t-on".
Il faut dire "je t'aime" à quelqu'un, il faut faire quelque chose de particulier le jour de la Saint Valentin, il faut sourire à deux et regardez oh comme on est heureux!, il est l'heure de se projeter et de tuer l'essentiel, ce qu'il y a entre "toi et moi". Alors, non. Je dis non. Je crie non. Je refuse. C'est sans appel.
Je ne dis pas "je t'aime" à quelqu'un.
Je ne fais rien de particulier le jour de la Saint Valentin.
Je ne souris pas quand tu souris, et surtout ne nous regardez pas être heureux.
Je suis et serais toujours éternellement en retard pour tout.
Je mettrais toute mon énergie à préserver jalousement ce qu'il y a entre "toi et moi".
Je le dis comme je le pense: je ne sais pas s'il est le "bon", et qu'est-ce que ça veut dire "être la bonne personne"? Je ne veux pas le savoir, ça ne m'intéresse pas, et je ne le ferais pas rentrer dans une petite case bien propre.
Il n'y a aucune vérité, des fois je t'aime, et des fois, je ne t'aime pas, je ne fusionne à personne, je ne me différencie pas des autres, ni de lui, je choisis de partager mon temps avec qui m'émeut, et il m'émeut. Je ne suis pas parfaite, il n'est pas parfait. Il est lui, et je suis moi. Il n'y a pas de "nous", "nous" ça n'existe pas, on ne se définit pas au travers d'une entité qui n'est pas, il y a lui auprès de moi, et moi auprès de lui, c'est tout. C'est la liberté de choisir de partager. Ma conception de l'amour.
Alors, mon cher Valentin, casse toi, tu m'as saoûlée^^ Je ne t'ai pas attendu pour aimer...
-Salut! Bon, alors, dis moi tout, tu en es où?
-Alors d'abord tu sais, j'ai "remis mes pendules à l'heure", "réglé mes comptes", "soldé les factures", tu vois?
-Attends, tu me fais peur....
-Non, non, je vais bien, je t'assure, j'ai sorti les cadavres poussiéreux des placards, pour les enterrer définitivement.
-Et... concrètement?
-Je sais pas moi, c'est pour la télévision ta question là? Je te dis que j'ai dit tout ce que j'avais à dire, à qui il fallait que je le dise, c'est tout, laisse moi maintenant...
-Ohlalalalala! T'as pas fait ce que je crois? Si? Tu l'as fait?
-...
-Je suis sûr que tu l'as fait, non, je SAIS que tu l'as fait!
-Mais... il le fallait! J'en avais be-soin!
-Bon, t'es contente? T'as soulagé ta conscience? Ca va mieux?
-Je le devais, pour moi, et pour lui aussi...
-Et eux?? Ils sentent le pâté pour chats?...
-Je me veux "neuve" pour cette histoire formidable, sans passé, sans souvenirs, sans amertume...
-Mais tu rêves ma grande! On n'efface pas ce qui a été...
-Non, c'est sûr, mais on tourne des pages, et c'est ce que j 'ai fait...
-Bon, mais.. tu l'aimes?
-Ben.. Oui.. Enfin, non, pas encore.. Mais si, un petit peu.. J'ai pas envie de répondre à ça, ça ne regarde que moi!
-Et lui? Ca le regarde aussi non?
-Non! J'ose pas... Je suis pudique avec mes émotions tu sais... Plus elles sont fortes, et plus elles me musellent...
-Je vois.. Donc tu espères qu'il devine... C'est pas gagné ton histoire...
-Non... Je crois juste que mon coeur parle au sien... Et puis mon "je t'aime" ne prend pas le train, il n'a pas de maladie incurable, pourquoi il devrait se presser, hein? Et si il tombe en chemin? C'est vrai ça, il peux trébucher à vouloir aller trop vite, et tu as déjà vu un "je t'aime" allongé dans le caniveau? Non? Et ben c'est pas joli-joli, tous les jours je vois des "je t'aime" mourus sur les voies du métro, tous ces gens tristes comme des soirées sans Bonney M, c'est parce qu'ils ont perdu un "je t'aime" un jour, alors ils sont devenus sourds à la mélodie du bonheur, mais tu crois que ça se retrouve facilement un "je t'aime", ah ben non, ce serait trop simple, quand tu l'as perdu, c'est moche, parce qu'il faut attendre que quelqu'un d'autre t'en offre un, sauf que de nos jours, je ne sais pas ce qui se passe, les gens sont pingres de leur "je t'aime", ils l'économisent, ils ne savent pas pourquoi, mais de principe, ils le gardent au coffre-fort, et quand par miracle ils pourraient l'offrir, ben là, tu comprends, c'est trop compliqué, il faut aller à la banque des moments éphémères, sortir sa clé, récupérer son "je t'aime", le mettre dans un écrin de tendresse, les gens sont trop fatigués pour faire ce genre de choses, alors ils gardent leur "je t'aime" pour eux, bien au chaud, et ils l'oublient....
-Mais.. ne t'énerves pas... Je veux juste ton bonheur moi tu sais...
-Je sais... J'en ai plein du bonheur! Je pourrais même en distribuer à tous les coins de rues!
-Alors.. Pourquoi cette larme qui roule sur ta joue?...
-C'est une larme de joie, c'est mon coeur qui déborde par mes yeux... Regarde, je souris!
-Bien, je suis heureux alors!
-Merci.. Et..! S'il te palit.. Dis lui que je.. Enfin, tu sais.. Tu vois...
(Sourire)- Je vois...
Je jette mon âme à la mer, espérant qu'un pêcheur de rêves la prenne dans son filet. J'ai le complexe de la sirène, les pieds encollés sur la plage triste du quotidien, et les yeux rivés sur la Lune, attendant qu'une marée d'amour me submerge.
Accrochée à la bouée de mes espoirs, je remue doucement mes mains dans l'eau, jusqu'à ce qu'un cercle se brise sur la coque d'une barque salutaire. Je rêve d'un marin qui goûterait le parfum iodé de mes lèvres, et m'enlèverait en Atlantide...
Mon coeur échoué sur une barrière de corail libère un filet carmin, fusée de détresse pour être repérée. Me trouvera-t-il sur mon île déserte? J'écris l'amour dans le sable humide, du bout des doigts.
Lasse d'attendre, je replonge. En un mouvement gracile, je m'abandonne au ressac, espérant atteindre la ligne de flottaison, enfin...
Bilan de la journée:
Je déteste les réunions de travail, surtout quand elles m'emmènent à prendre des décisions radicales;
J'aimerais bien n'avoir un n'amoureux... Bouh...
Amour complice,
Glisse ta main dans mes cheveux,
Rions en choeur ô mon amour,
Le petit jour nous trouvera endormis,
Masqués d'un doux sourire.
Amour passion,
Passe tes chaînes à mes mains,
Serre-moi fort ô mon amant,
Car demain nous trouvera gîsants,
Masqués de larmes acides.
Amour lyrique,
Courtise mon coeur de tes rimes,
Chante moi ô mon ami,
L'aube nous trouvera enlacés,
Masqués de poudre de rêves.
Amour folie,
Décroche moi la lune,
Enlève moi ô tendre fou,
Le soleil levant nous trouvera aliénés,
Masqués d'un rictus immobile.
Amour,
Confies moi les clés de ton coeur,
Embrasse moi ô mon alter,
L'infini nous trouvera unis,
Car les masques seront tombés...
Pour fumer une ou deux cigarettes?
Pour prendre une douche?
Pour aller de la BNF à Bastille?
Pour faire cuire des spaghettis?
Pour choisir sa tenue avant un rendez-vous amoureux?
Pour se décider à appeller quelqu'un?
Pour être en retard au travail?
Pour payer ses achats dans un grand magasin?
Pour s'enregistrer sur un site?
Pour avaler un sandwich?
Et bien non, 18 minutes pour s'aimer, dans le sens biblique du terme, selon la plupart des études, et seulement 25% de nos compratriotes seraient satisfaits de leur "consommation" ......
Ca me laisse songeuse....
Les liens du sang... Ou la joie de partager la moitié du caryotype de nos géniteurs. Entre fatalité et héritage, chacune de ces carmines cellules contient le secret du génotype familial.
Les liens du coeur n'ont aucun support physique, c'est peut être ce qui les sauve de l'asphyxie, a contrario des petites hématies transportant notre oxygène...
La plupart des maladies infectieuses, sinon toutes, sont transmissibles par voie sanguine. Si ma maladie d'amour possédait un agent pathogène, je m'autoinfligerais illico une phlébotomie, afin de répandre une véritable pandémie amoureuse...
Le don de sang, ou don de soi, c'est kiff-kiff. Ou comment faire de petits éléments figurés d'à peine 90 µ3 de véritables véhicules de vie. 100 donneurs pour 400 ml de concentré globulaire, 100 personnes pour en aider une seule, génie de la science de rétablir parfois un certain lien social métaphorique...
Il faut 3 mois pour que les précurseurs de nos chers érythrocytes parviennent à maturité. La nature est bien faite, rien n'est instantané, tout demande un temps donné, et je cherche encore le nombre d'or du bonheur ici-bas.
Rouge est l'hémoglobine, en bonne concubine, passion de vie, amante fidèle, elle nous sauve à sang pour sang...