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Paris, c'est le lieu où l'on exerce deux emplois pour tenir la tête hors de l'eau, c'est le labyrinthe de Pan où les frontières entre réel et fiction, angoisses et désirs se confondent jusqu'en devenir indissociables.
Pour lui...
Rembobiner le film.
Ravaler les mots.
Se couper la main.
L'aimer à la folie.
Il était une fois une toute pitite Léonie, qui s'en allait, le cheveu en bataille, complètement affolée, à Arts et Métiers.
Voilà, yesterday was my day, ze day of mon premier cours de compta!! Alors, bien sûr, je ne finirais ni trader, ni commissaire au compte, restons modeste, mais étant donné le certain nombre de handicaps qui empesentissait mon bagage, je suis fort optimiste quant à l'avenir.
Reprenons, je suis l'heureuse détentrice d'un joli baccalauréat littéraire, qui me valut par le passé, ma foi, quelques succès bien sentis lors de tournois de Trivial Pursuit passionés ! Mais, je dis bien mais, il n'est pas courant d'avoir pour profession "joueuse professionnelle de Trivial Pursuit", nous sommes bien d'accord...
Cahin-cahas, ne me demandez pas pourquoi, je suis devenue infirmière (...)
Après cinq longues années de goulag intellectuel, je décidais donc de faire un choix d'utilité publique pour mon cerveau, et ce faisant pour mon petit équilibre personnel, à savoir: changer de métier.
Ah ça, croyez moi, j'en ai traversé des océans d'incertitudes, gravi des montagnes de doutes, échafaudé des projets de guingois... Pour finalement me mettre sur la très belle route des ressources humaines, LE choix le plus évident eu égard à toutes les râleries précieusement collectionnées au cours de ma propre expérience professionnelle. Dont acte.
Il sera admis dans cet espace virtuel qui est le mien, comme postulat non-discutable, que notre pays est le pays du découragement d'autrui en matière de reconversion, bien... Mais, comme ceux qui me connaissent pourraient en témoigner, je pourrais avec une certaine prestance m'appeller "arrête moi si tu peux". Trève de pompeuse transition, je réussis enfin à inscrire mon désir de reconversion en un véritable projet de reprise d'études viable. Un peu d'audace et de courage, beaucoup beaucoup de travail, une solide capacité d'anticipation et d'organisation: voilà la recette du succès, ce qui rend quelque chose de probable en possible, et de possible en concret.
Hier soir était donc mon tout premier cours de "comptabilité et analyse financière" (si des enfants me lisent, qu'ils m'excusent d'employer des gros mots!). Cela va sans dire que j'étais très effrayée par le libellé, et que c'est non sans une certaine appréhension, voir quelques préjugés, que je débarquais (en retard...) dans un amphi surchauffé et... blindé de monde... Quelle délicieuse abomination que d'être le centre d'attraction pendant cinq effroyablement longues secondes!!
A l'instant précis du point de rencontre entre mon (hum, hum) postérieur et le siège sous-jacent, "on" me tend deux feuilles, et là, c'est le drame... Des colonnes de nombres brouillent ma vue au milieu d'expressions exotiques telles que "compte de résultat", "bilan actif", j'en passe et des meilleures, la seule évocation de ce souvenir me donne des frissons!!
Quand enfin, le pimpant quinquagénaire grisonnant cis sur l'estrade entame une explication méthodique du document diabolique. Malgré moi, malgré la certitude tenace de me retrouver à la rue sans préavis, malgré ma haine viscérale envers tout papier ayant un lien meme très très lointain avec ma feuille d'imposition(..), tout ce que j'entends se met en place dans ma tete avec une logique implacable, au point que lorsque le très probablement fort gentil quidam, assis un rang en-dessous de ma royale personne demande pourquoi il n'y a pas d'amortissement au poste "disponibilités", je pense en mon for intérieur "tssss!! il ne peut pas y avoir d'amortissement sur ce genre de postes *idiot*"
Alors, bien sur, il serait déplacé et inopportun de vendre la peau du comptable avant de l'avoir maté, mais si j'adhère d'emblée aux banalités les plus banales, j'aime à croire que la suite devrait se dérouler paisiblement ;)
Il me faut nécessairement une petite robe noire en laine pour finaliser mon costume d'étudiante fraîchement émoulue...
J'aurais bien aimé écrire un livre titré "les particules élémentaires".
Catherine Deneuve vieillit bien.
"Une utopie peut désigner également une réalité difficilement admissible : en ce sens, qualifier quelque chose d'utopique consiste à le disqualifier et à le considérer comme irrationnel. Cette polysémie, qui fait varier la définition du terme entre texte littéraire à vocation politique et rêve irréalisable, atteste de la lutte entre deux croyances, l'une en la possibilité de réfléchir sur le réel par la représentation fictionnelle, l'autre sur la dissociation radicale du rêve et de l'acte, de l'idéal et du réel." (Source)
En ce jour de grâce de l'an deux mil huit, je me fais la promesse solennelle de ne plus jamais regarder "Ultra tubes" sur MCM...
Est-il objectivement possible de concilier sur une période de deux ans un travail à temps plein, des cours du soir, l'apprentissage d'une suite de logiciels de bureautique dont nous tairons la marque (voir la maîtrise...), devenir bilingue, optimiser ma culture générale, conserver un semblant de vie sociale et.. j'oublie quelque chose... Ah!! Travailler à la pérennité de ma relation de couple? Pfffff, j'ai le vertige tout-à-coup....
Je dois me mettre au yoga [...]
Comment acquérir le don d'ubiquité? (Ne bougez pas, j'interroge ma Nespresso, sic^^)
Est-il vraiment inquiétant pour mon équilibre mental qu'à la lecture de Mr Vertigo de Paul Auster, je sois absolument persuadée qu'il est possible de voler?
Je suis très très fière du nom ultra pompeux de mon premier cours, ce soir: Comptabilité et analyse financière, ça claque non?
J'ai un vrai plan B, si je rate ma licence, c'est décidé, je deviens professeur de curling bâton!
Il y a maintenant un petit bout de temps, où suite à une loose personnelle intense et durable, je décidai de changer de vie, cap sur Paris.
Bien sûr, je vécus une belle lune de miel dans les bras de notre capitale, dans l'euphorie du Paris by night, trouvant l'amour à chaque coin de bras... Et les larmes à chaque aube naissante...
C'est le tribut à payer pour avoir le droit d'être une inconditionnelle rêveuse.
L'amour dure peut-être trois ans, mais la lune de miel n'a duré que six mois. Je déchantai d'un travail dont j'avais trop espéré, je ravalai mes déceptions et me jurai le célibat éternel.
L'esprit de Bridget Jones avait-il envahi mon âme? Certes pas. Un jour, on cesse de faire des concessions avec soi et ce dont on a besoin, et ce jour-là, non seulement la solitude n'est plus un poids, mais surtout on redevient soi.
Résumons, entre galères professionnelles et brochettes de connards difficiles à digérer, je courais les rues à la recherche despérée d'un point de chute immobilier.
Entre temps Cupidon plaçait sur ma route un amour impossible, et je pensais en mon for intérieur m'assaisonner moi-même comme la farce du fameux dindon. Mais j'ai ce jusqu'au-boutisme qui me pousse à ne pas faire les choses à moitié, jamais, tu m'entends! C'est un principe.
Il s'avérait que cet amour lointain se révélait accessible, et il ne m'en fallut pas beaucoup plus pour succomber au charme de ce nouveau Dom Juan hérité d'une longue tradition de "Meetoc" (quelques unes me comprendront..).
Vie amoureuse au beau fixe, pendant d'une vie professionnelle toujours plus merdique; mais forte de cet attachement ne cessant de m'étonner, enfin je trouvais la force de rêver à mieux, pour moi-même.
Et aujourd'hui, où en suis-je donc?
Amoureuse de l'avenir avec lui, et pétrie d'angoisses. Guerrière armée jusqu'aux dents reprenant des études, et piniant à cause d'une garce supérieure dénuée du respect d'autrui. Follement motivée par de nouvelles perspectives professionnelles, et coupable d'avoir échoué dans mon choix initial.
En somme, je rêve toujours autant, et je ne l'assume toujours pas.
Alors tout va bien, je devrais y survivre.... ;)
Une demi-heure de brushing, 10 secondes de violente averse, et bye bye la chevelure à la Audrey Hepburn...
Un mariage demain après-midi, et à peu près mille boutons germés sur le menton...
Un agenda, et un papier super important, tellement important qu'oublié dans un lieu de travail occasionnel...
Découvrir une jupe absoluement pas en accord avec le dress code de demain, au lieu de la sublime petite robe noire, pfff....
Bref, c'est comme ça, on ne marche pas contre son destin!!
"On sera peut-être obligés de se marier pour défiscaliser mes impôts"
Bonjour,
Je m'appelle Léonie Boutentrain, et je suis une seriale joggueuse.
Oh bien sûr, je ne suis pas encore aux 20 km en 15 minutes, certes.... Non, en 15 minutes, j'en suis au kilomètre tout court, le seul et unique, au-delà duquel je me transforme en Badabok: mon habituel teint de porcelaine devient ainsi d'un beau verdatre scintillant grâce à la supernova de transpiration qui apparait sur mon visage :) Longtemps après l'arrêt du supplice de l'effort, je me pare d'un étonnant rouge vermillon comme s'il résidait en mon crâne une cocotte-minute sous pression!
Le second souffle, parlons en tiens! Encore une crânerie de marathonien endorphines-addikt! A vrai dire, je n'ai pas eu le temps d'expérimenter myself le second souffle, j'ai cessé à l'arrêt du souffle, environ une seconde et demi avant l'apoplexie intégrale et irréversible. Et dans le cas (tout-à-fait utopique, si vous voulez mon avis) où j'aurais eu le sombre espoir d'oublier que je fume vraiment trop, et que je ne cours vraiment pas assez, une coulée de lave dans ma trachée s'est chargée de me le rappeller toute la soirée!
Le jogging doit faire fureur dans les milieux SM. CQFD.
Vous avez certainement vu ces gens en collant micro-fibre faire des mouvements bizarres et apparemment non-coordinés? Dans le cercle très select des joggeurs nous appellons cela des étirements. Vaste programme... Dont j'ai négligé éfrontément l'utilité! Forte de ma petite démonstration de souplesse à Jules, me voici partie sous une douche brûlante, ignorant la tension musculaire galopante. Arrivée sur la case canapé, où j'ai passé mon tour au moins dix fois, le besoin naturel de boire s'impose à moi. Il a suffit d'un seul geste, un micro-minuscule geste, pour prendre conscience de la douleur qui m'habitait: "aîîîîîîîîe!!!!!!!!! (index accusateur posé sur la jambe) j'ai super mal à l'abdominal de la cuisse!".
S'en sont suivis trois pénibles jours de courbatures, et croyez moi, je réflechissais à deux fois avant de descendre les six étages de mon immeuble!! C'était un peu comme si j'avais participé à une épreuve olympique de rodéo, sans la médaille^^ Poor lonesome Léonie...
Et pourtant, envers et contre tout bon sens, bafouant mon instinct de conservation, j'y retournerais!!!!!