De l'utilité de vous parler, ça me zénifie
Un blog, ça sert à quoi, au juste? Y'en a qui parlent de musique, y'en a qui polémiquent sur des sujets graves, y'en a qui parlent de tout et de rien. Je fais partie des gens qui parlent plutôt de rien. Bon, certes, j'ai rencontré une partie d'entre vous. Mais bizarrement, quand je m'assois devant mon écran, y'a aucun regard pour me juger, je peux écrire ce que bon me semble. J'écris plutôt pour moi, en fait. On pourrait penser à de l'exhibisionnisme, étant donné que je raconte pas mal ma vie, et, croyez-le ou non, je ne romance pas tant que ça. Mais ce n'est pas de l'exhibisitruc, ou peut-être un peu, je ne sais pas.
J'attaque la partie saoûlante du post, vous pouvez zapper. Je me trouve globalement pénible. Je mesure le fossé immense entre mes désirs et les faits. J'ai du mal à canaliser l'énergie. Et puis je crois que je suis cyclothymique, je change d'humeur quasimment tous les quarts d 'heure. J'oscille dangereusement entre le désir profond et inassouvi d'aller vers les autres, encore, toujours, et l'envie hurlante de devenir une ermite, solitaire, protégée. Ben oui, c'est là où le bas blesse. Quand on va vers les autres, on est forcément déçu à un moment ou à un autre. J'essaie, depuis pas mal d'années déjà de ne pas être déçue. Parce que les gens ne me doivent rien. Parce qu'on ne donne pas pour attendre en retour. Parce que prendre ce que l'autre est en mesure de nous accorder c'est une marque de respect. C'est valable pour l'amour, pour l'amitié, pour les relations familiales, pour les relations professionnelles, c'est valable pour tout en fait. J'aimerais m'affranchir du besoin d'être aimée, attention, ne vous méprenez pas, je ne dis pas que je ne veux pas être aimée, non, non, il ne s'agit pas de ça. Je dis que je voudrais arriver à un niveau de sagesse qui me permette de n'avoir pas besoin de quelqu'un, de ne pas être dépendante.
Les gens ne nous appartiennent pas. Et je n'appartiens à personne. On est tous là, dans le même bateau, on essaie de cohabiter au mieux. C'est pas facile. Je suis souvent émerveillée par des personnalités. Les gens sont bons, foncièrement. J'aime, non, j'adore chercher en eux ce qu'ils cachent de plus précieux, de plus secret, c'est dans les failles qu'on trouve des trésors. Car de nos faiblesses naissent nos richesses. Je suis attendrie par les imperfections des autres, parce qu'elles me permettent d'assumer les miennes. J'essaie d'aimer les gens pour ce qu'ils sont , non pour ce qu'ils paraissent être, et non plus pour ce qu'ils pensent être. Mais, le fait est que je donne ce qu'il y a de plus beau en moi à de parfaits inconnus, toute la journée, sans réfléchir, sans compter, et je suis une vraie quiche dans ma vie privée, va comprendre... Je laisse s'épuiser des amitiés, par bêtise, par fierté mal placée, je suis dure par autoprotection, je peux être tellement glaciale, il faut vraiment me connaitre, ou être dans un lit d'hôpital pour savoir que c'est du pipeau. Plus ça va, et plus je ressemble à ma mère, ou plus je l'admet, je ne sais pas, et mieux je m'accepte, en tout cas.
J'ai un amour inconditionnel pour ma tendre mère. Ca n'intéressera pas grand-monde ici, pourtant quelle femme extraordinaire! J'ai une admiration sans limite pour elle, un immense respect, je lui dois à peu près tout, elle est un joyau, la plus belle des perles rares. Je l'aime. Et je ne sais pas le lui dire... J'ai conscience qu'on doit dire aux gens qu'on les aime, parce qu'un jour, c'est simplement trop tard. Certains diront que je me prends la tête, peut-être, ou pas. Je suis bien petite face à la préciosité de la vie en général, on ne respecte pas trop ça je trouve. C'est dommage, on passe à côté de tout, de l'essentiel en tout cas.
Pourtant, c'est humain de chercher à donner un sens à sa vie, tout le monde fait ça. Je ne suis pas dépressive pour autant, pas du tout même, au contraire. Je respire la joie de vivre. Mais je ne sais pas comment expliquer. J'ai pas trop eu de chance jusque là, dans la vie en général, enfin, disons que ça aurait pu être mieux. J'ai fait pas mal d'erreurs. J'ai jugé trop vite. J'apprends. Je suis une élève appliquée, et j'essaie de faire les bons choix, de prendre des risques quand je crois que ça vaut le coup. 25 ans, toute la vie. Justement, j'ai tout à bâtir, et j'avoue que j'ai des idées de grandeur (je me comprend quand je dis grandeur, rien de mégalomaniaque, juste un concept qui colle à mes idéaux). Je n'ai pas peur de me battre. J'ai envie de me battre pour y arriver. Je suis prête à m'en donner les moyens, j'ai une sacrée dose de confiance dans le destin et le hasard qui font bien les choses, j'essaie de saisir les opportunités, et de m'ouvrir au maximum. Là, je fais que parler, mais le changement est récent. Les choses se mettent en place. Et j'attend. J'attend l'éclair de génie, le moment où je me dirais "c'est ça, c'est ce que je veux faire, c'est ma raison de vivre, ma raison d'être", oh, je sais, c'est utopiste, mais vraiment, passez moi l'expression mais je n'en ai rien à cirer! Ca aussi c'est nouveau dans ma vie, m'amender du regard des autres, enfin, le plus possible, on est toujours soumis au regard d'autrui, et ce qui fait, aussi, qu'on grandit, qu'on évolue. On ne peut pas plaire à tout le monde, et l'accepter, c'est se plaire à soi.
Je suis loin du post merdique de la nuit dernière, dicté par quelque sombre paranoïa sur la gent humaine. J'aime pas ça, c'est pas moi. Enfin si, mais une partie seulement. Pas la meilleure, mais pas la plus importante non plus. Je vis avec mon côté obscur, je l'apprivoise, mais il me joue des tours souvent. Pourquoi avoir choisi ce pseudo de "P'tite fée"? Parce que justement, la magie, elle est partout, il suffit d'ouvrir les yeux, d'écouter l'enfant qu'on a toujours en nous. Certes, c'est casse-gueule comme état d'esprit, j'en prends plein la tête, mais au moins, je vis, je vibre, j'aime, je déteste, je ris, je pleure, je m'émerveille, je m'horrifie, je me moque, j'admire. Je vis les émotions à cent à l'heure, d'où un fil conducteur qui n'a ni queue ni tête, j'essaie de rester fidèle à la réalité, pour moi, pour avancer. C'est pour ça que je pratique l'autodérision, c'est bon de ne pas se prendre au sérieux, de se moquer de nous mêmes, de rire avec ceux qui se moquent de nous. Fière de ma greluchitude, fière de ma nazitude, fière de ma paranoïa, fière de ma cyclothymie, fière de trouver le courage d'être moi malgré les coups, les déceptions, les épreuves, les deuils. Fière de me relever à chaque fois, fière d'en être encore un peu plus forte . Je ne suis pas invicible, loin de là, je suis plutôt du genre fragile sous ma grande gueule. Mais ce dont je suis le plus fière je crois, c'est de ma capacité à rester naïve, à y croire encore et toujours, à ne pas me laisser abîmer. C'est ma petite victoire contre le cynisme, le pessimisme.
J'ai parlé de moi, vraiment, sincèrement, sans tabou. Je vous aime déjà d'avoir tout lu! Se livrer, pour se délivrer. Exercice de style ô combien périlleux, à double tranchant. Je ne triche pas. Je ne joue pas. Je vous aime juste assez pour vous montrer ma vérité...
Comments
Je ne sais pas comment exprimer mon admiration... alors je te laisse un énorme bisouuu! ;]
Bonne nuit p'tite fée!
Je ressens pas mal les mêmes choses, aussi, et c'est bien de voir qu'on peut être comme ça, ressentir ça, et ne pas sombrer dans le pessimisme malgré tout. C'est une grande force que tu as là, cette capacité à garder un regard émerveillé envers et contre tout, c'est très précieux.
Merci de partager tout ça!
Sauf quand elle est ailleurs.
(la vérité)
sensitive c'est la seule chose qui colle à la peau et qui correspond le mieux à cette fée qui vient de m'ouvrir les portes menant à son jardin secret. sensitive comme tu es tu nous a ensorcelé par cette confession si intime et si spontanée. sensitive comme je le suis également j'ai envie de te prendre par la main pour te montrer à quelle point je respecte et j'admire ce plongeon vertigineux que tu as fait vers l'inconnu... vers l'autre... vers nous.
il t'en a certainement fallu du courage our dire les choses aussi clairement et surtout pour affronter cette inconnue qui est au fond de toi cette fille une peu fleur bleue mais aussi courageuse en un mot admirable.
quand on lis ton post, en fait (et pardonne moi ce mot) on s'en fout du style. ce post n'est pas un exersice où les paroles hyper stylisées ont leur place. ce post est un chemin qui conduit jusqu'à ton coeur et je peux te dire que ton coeur est un admirable joyau.
alors petite fée je suis fière d'être parmi ta communauté et j'aspire sincèrement et malgré la distance à être pour toi une amie.
Ouah la déclaration!!
"en fait (et pardonne moi ce mot) on s'en fout du style" => si je suis bien, tu t'excuses pour le mot "on"?? :p
sinon, est ce qu'on ne dit pas sensible? sensitive, c'est un anglicisme?
oh le chieur, vous direz, oui hihi, je sors
(beau commentaire though)
Je crois qu'il faut admettre que nous sommes plusieurs dans un même esprit, le plus dur c'est reussir à faire cohabiter ces différents aspects, bien que beaucoup sont contradictoires. je suis passé par une phase assez critique de vouloir être avec les autres et mon désir de solitude en dehors de la jungle des sentiments. Aujourd'hui je pratique les deux selon l'état de mon humeur.
25 ans , c'est un peu l'heure du bilan, une sorte de transition.
Mais nous n'existons que par le bais des autres, mais il vrai que tôt ou tard il faut faire le tri. Il est important les relations dont on ressent un déclic inexplicable, la préscence de l'autre nous apaise. Car il y a tant de relations qui ne mément à rien.....Faut mieux creuser celles qu'ont sent que l'échange,le don est continu, qu'il dure dans le temps.
Car,je ne suis pas d'accord avec toi,lorsque tu dis que "Parce qu'on ne donne pas pour attendre en retour", c'est vrai en partie, mais on s'épuise à donner sans compter, puis on préfere se détourner. On donne toujours pour quelquechose, pour qu'un sourire nait dans le visage de l'autre, apaiser une douleur.
Pour ma part, je me souviens que c'est lorsque je cogitais trop sur moi que je n'avancais pas, puis l'action est venue completer mes pensées, puis la lenteur du temps c'est transformé en une rapidité que j'ai du mal à gerer ......
Pour finir je crois que c'est dans notre nature d'osciller entre le ravissement devant la vie, et l'angoisse devant la vie. Mais la réalité est ainsi à la fois angoissante et magnifique.
Aprés c'est une question d'équilibrer toutes nos contradictions.
Nous sommes des funambules...
on c'est un peu généraliste j'aurais du dire que devant la beauté de sa confession je m'en fout du style. t'es pa chieur juste un peu casse tête. et puis si j'ai usé du terme sensitive c'est parce que pour moi il exprime un état d'esprit qui va au delà de la sensibilité tout court (si c'est de l'angliscisme je suis désolée mais je suis trilingue ( je parle couramment arabe, français et anglais
;-D)
25 ans c'est l'heure des bilans, j'ai intérêt à me préparer alors pour le 25 novembre prochain.
en dehors de cette blague, un peu stupide je le concède, je partage entièrement ton avis surtout quand tu dis que vivre avec les autres et soi même est une question d'équilibrer toutes nos contradictions