Action, chiche ou vérité? Vérité!
Je viens de lire plusieurs posts fort intéressants, pour leur contenus explicites ou tacites: le match continue chez pollux, il nous donne à voir une réflexion (je ne la trouve pas bâclée!), les mélancoliques interrogations de charlie et enfin, enfin!! La liberté éditoriale de princesse101.
Je cherche un peu mes mots, je ne sais pas par où commencer pour que ce soit compréhensible.
Le plupart d'entre nous est en quête de vérité, personnelle, universelle, peu importe.
Je trouve ce concept de "vrai" un peu ardu, mais toutefois passionnant. Nous sommes continuellement dans l'illusion ou l'interprétation, et pour cause, l'interlocuteur lui est dans l'intention, pas forcément saisissable à coup sûr.
L'intention que l'on met dans un propos, une attitude, c'est de l'expression n'est-ce pas? Mais nous nous exprimons en fonction de ce que nous sommes, marqués par l'empreinte culturelle, sociale, éducationnelle, familiale, etc.. Donc, essayer de saisir l'intention de quelqu'un c'est déjà faire un pas vers l'autre, puisqu'on essaie de se mettre à portée de son vécu afin d'en comprendre l'expression (empathie).
Nous vivons en permanence des conflits d'intention et d'interprétation. On peut rater des choses et/ou des gens à cause de celà, en n'ayant pas le courage ou la force de faire la démarche de compréhension et d'ouverture. Or, si on ne ressent pas ce besoin de comprendre, c'est peut-être qu'en l'autre rien ne nous fait écho, donc aucun intérêt de s'y contraindre.
J'en viens naturellement à la perception. Percevoir un je ne sais quoi en l'autre, s'apercevoir de la non-adéquation avec l'expression donne à penser à un défaut de perception, ou autrement dit à une illusion. Parce que notre entendement a des idéaux qui lui sont propres, et par souci de partage, nous pousse à voir ce qui n'est pas. Ou alors, les identités propres (ou les vérités) de chacun, se font tellement l'écho l'une de l'autre que la perception propre pipe complètement l'intention par certainement un quelconque mécanisme de défense. Donc souhaiter être dans le vrai ne suffit pas. L'ouverture est une fleur qui demande beaucoup d'attention.
Je crois en mes perceptions, je travaille mon expression, et j'essaie de taire parfois mes interprétations. J'ai ainsi le défaut de dire tout haut ce que je pense. Croyez-moi, cà ne me rend pas toujours service, mais surtout ce que j'en retiens, c'est que çà occasionne de belles rencontres. Les règles sont complexes au jeu de la vérité.
Je suis joueuse!
Comments
*mais pour quoi j'ecris pas aussi bien????*
Ecrire m'a permis d'organiser ma réflexion. Ca reste nébuleux à mon goût dans l'expression...
je suis FAN
Je t'admire pour cette aussi belle analyse!
Je suis particulièrement sensible à "Nous vivons en permanence des conflits d'intention et d'interprétation. On peut rater des choses et/ou des gens à cause de celà, en n'ayant pas le courage ou la force de faire la démarche de compréhension et d'ouverture"... Je crois que c'est là dedans la clé du bonheur... Merci de l'avoir aussi bien mis en mots!
Syllogisme... ;) Ce pas vers l'autre peut ne pas être là. Ca peut ne pas être de l'empathie, par exemple. Ainsi, on peut saisir l'intention de quelqu'un d'un regard très professionnel ou très sexuel. Je doute que ce soit alors vers l'autre qu'on aille. Plutôt vers une représentation de cet autre, tu ne crois pas ?
C'est le danger d'une relation superficielle, par exemple : offre de la vanité à quelqu'un, même en te disant que tu "t'intéresses" à cette personne, mettons que tu t'intéresses surtout à la représentation que tu t'en fais, et aux caractères spécifiques que tu convoites. En retour, tu reçois le reflet de cette vanité. Est-ce pour autant ce qu'est la personne ? Le problème avec ces représentations, c'est qu'elles n'assimilent pas que l'être est changeant à chacun de ses actes, qu'une définition de soi n'est jamais recevable, et qu'une personne peut être une véritable râclure avec tel péquin, et un véritable ange avec un autre. C'est là qu'interviennent kierkegaard, sartre et, plus proche de l'idée que j'essaie d'exprimer ici, hrebejk (et plus proche de nous chronologiquement, tant qu'à faire).
On se forcerait inconsciemment à s'intéresser aux autres ? Ou y a-t-il d'autres raisons (je pense à la peur de la solitude) ? :)
Le coup de l'arbre que dix personnes dessinent, et on obtient dix dessins différents ? Et si ce n'était pas la perception, mais l'expression, qui pêchait ?
Encore un "donc", un rapport de cause à effet ? Perso j'irais pas jusque là, mais plutôt m'arrêterais-je à distinguer les deux faits... Qui n'en sont peut-être pas moins vrais, j'en sais rien. Le premier me semble oublier pas mal de nuances dans la palette de couleurs, en revanche le second, j'y crois dur comme fer.
Cette histoire d'attention de tous les instants, c'est encore rare qu'une personne aille s'en préoccuper au point de l'exprimer, ça fait plaisir à lire.
Tu viens surtout de taper dans le poncif magnifique de la fille qui 1. se définit, 2. donne à lire les défauts qu'elle s'attribue, 3. se choisit, bien évidemment, "la franchise"... Un défaut avec un arrière-goût de qualité sauvage, mais surtout un bon prétexte de déresponsabilisation (= "Ce que je dis, je le dis sans me soucier de ta réaction, sans prendre en compte ta perception, c'est ainsi que je me détache de cet impératif que je me suis fixé : faire attention aux gens. C'est ainsi que je prends des vacances du monde et que je me convainc que ce qui vous arrive, ne m'arrivera pas."). Comme tu le disais plus haut, l'ouverture demande beaucoup d'attention : même les mieux intentionnés tombent dans des pièges. Héhé !
... et tu triches : tu inventes ton jeu, et tu en contournes les règles en donnant toi-même les termes qui définissent ton personnage... Voyons... ça ne marche que sur internet, ça ! ;)
Et au jeu de la réalité, celui où les règles sont sans cesse détruites et remodelées, celui où se définir soi-même ne crée pas une réalité, tu joues aussi ?
... je dis ça, c'est pas pour pinailler, juste pour la papote hein. (non parce qu'à la relecture ça a des airs de procès - j'ai bien aimé lire ça, je suis juste avare en compliments quand je connais pas la personne...)